Retraite des Français qui ont effectué une partie de leur carrière hors de France

Les droits à la retraite de base générés par des années de travail et de cotisation en France peuvent être diminués de plus de 60%, si le reste de la carrière est effectué hors de France et non en France.

Rejoignez le groupe Facebook “La retraite des Français de l’étranger”

Téléchargez la présentation en PDF

Téléchargez le texte détaillant les problèmes de retraites en PDF

La retraite est proportionnelle au nombre de trimestres validés en France. Le très faible montant de certaines retraites de français qui ont travaillé à l’étranger n’est pas seulement la conséquence du plus faible nombre de cotisations. Si la formule de calcul est toujours la même, les données prises en compte pour le calcul de leur retraite peuvent être différentes :

 La retraite est basée sur le montant des salaires et des cotisations, mais ce sont les montants des salaires ANNUELS qui sont pris en compte dans le calcul. Une carrière est constituée d’années de 12 mois de salaire et d’années incomplètes certaines de peu de mois de salaire (job d’étudiants, service militaire, recherche d’emplois, maladie, formations, éducation des enfants, années à cheval sur deux pays …). Pour les carrières de moins de 25 ans en France le principal enjeu n’est pas que le salaire annuel moyen (SAM) soit calculé à partir des meilleures années de salaire, mais que les années incomplètes de très faible salaire soient prises en compte et « massacrent » ce SAM. (Les revenus de ces années peuvent être 20 ou 30 fois plus faibles que ceux des autres années). Les années de très faible salaire annuel provoquent une baisse de la retraite parce que la baisse due à la diminution du SAM sera plus importante que l’augmentation due à l’addition de trimestres. Ces années réduisent les droits acquis par les meilleures années de salaire. Les euros cotisés pour ces années n’augmentent pas la retraite mais la diminuent.

La retraite subira une décote de 25 %, ou la retraite sera reportée de 62 à 67 ans, si la caisse de retraite française n’a pas validé ou ne reconnaît pas au moins 20 trimestres de travail à l’étranger (ce qui est fréquent). La retraite est pourtant déjà proportionnelle au nombre de trimestres validés en France. Les périodes de travail effectuées à l’étranger peuvent être beaucoup plus difficiles ou impossibles à valider.

Dans le cas d’une carrière complète en France, les premières années de carrière ne sont généralement pas prises en compte pour le calcul du SAM (étant rarement parmi les 25 meilleures). Si la fin de la carrière est effectuée à l’étranger, le SAM de la carrière française sera calculé à partir d’années plus anciennes et malheureusement parfois à partir des premières années de la carrière. Or, ces années ne sont pas revalorisées sur la base de l’évolution du salaire moyen mais sur la base de l’indice des prix. Par exemple, le SMIC de 1977 revalorisé par la CNAV est de 783 € alors que le SMIC en 2020 est de 1219 €.€. Le Smic de 1977 sera sous-évalué en 2020 de 35%.  Plus les années sont anciennes plus elles seront mal revalorisées.

Ils sont censés atténuer ces inégalités, c’est loin d’être toujours le cas, même au sein de l’UE. Aucun accord ne prend en compte la mauvaise revalorisation des premières années de carrière. Au hasard des accords, des systèmes de retraite étrangers et des carrières, les conséquences seront plus ou moins importantes. Les français qui ont travaillé à l’étranger sont en plus pénalisés : 

a- Leur nombre d’années incomplètes augmente à chaque arrivée ou départ de France.

b- S’ils perçoivent une retraite à l’étranger ils ne pourront probablement pas bénéficier du minimum contributif.

c- L’estimation indicative globale ne sera probablement pas à jour parce elle n’aura pas été mise à jour en fonction de la carrière étrangère.  Ils risquent de demander leur retraite trop tard et perdre des années de retraite.

Pour ceux qui vont partir en retraite dans les années à venir, la retraite sera basée essentiellement sur les années qui sont déjà cotisées et sur le calcul actuel du SAM, pas sur un éventuel nouveau calcul de retraite qui ne s’appliquerait qu’aux années postérieures à 2025. 

Le système actuel de retraite peut être rendu plus équitable avec des mesures simples :

  1. Calculer le salaire annuel moyen à partir d’un % maximum d’années et non plus à partir d’un nombre fixe de 25 années, quand la carrière est partiellement effectuée en France (et sans conditionner cette mesure à des accords entre pays)
  2. Exclure du calcul du SAM toutes les années de trop faible salaire annuel dont la prise en compte diminuerait les droits à la retraite acquis pour les autres années de la carrière. (Lorsque la prise en compte de ces années provoquerait une baisse du SAM plus importante que l’augmentation due à l’addition des trimestres).
  3. Instaurer des mesures correctives quand la retraite est calculée à partir d’années plus anciennes sous revalorisées. Ou revaloriser les salaires sur la base de l’évolution du salaire moyen et non plus sur la base de l’indice des prix.
  4. Reconnaitre toutes les années de travail effectuées à l’étranger pour l’âge de la retraite qu’elles soient comptabilisées ou pas par le pays étranger.
  5. Instaurer un systèmede compensation lors du calcul du SAM pour les années incomplètes effectuées sur deux pays).
  6. Exclure la dernière année de travail en France du calcul du SAM, comme elle l’est pour ceux qui finissent leur carrière en France(Si elle est trop faible parce qu’incomplète)

Nos questions au gouvernement

  • Interpellation du groupe écologiste au Sénat ce qui a abouti au dépôt d’une question au gouvernement le 25/03/21 par la sénatrice Raymonde Poncet

Lien vers le Sénat

Question écrite n° 21772 de Mme Raymonde Poncet Monge (Rhône - GEST) publiée dans le JO Sénat du 25/03/2021 - page 1955

Mme Raymonde Poncet Monge attire l'attention de M. le ministre des solidarités et de la santé sur les impacts spécifiques négatifs des réformes des retraites sur le calcul de la retraite des Français qui ont effectué une partie de leur carrière hors de France. Même lorsqu'ils ont travaillé 42 ans, les périodes travaillées à l'étranger ne sont pas toutes validées par la caisse nationale de l'assurance vieillesse (CNAV), soit par absence d'accord bilatéral, soit du fait de l'extrême diversité des critères des accords y compris au sein de l'Union européenne.

Sa première question concerne l'action de l'État pour nouer partout ces accords et en harmoniser les indicateurs, afin que toutes leurs années travaillées soient prises en compte pour permettre aux personnes concernées de partir à l'âge légal et éviter les décotes. Elle lui demande de l'informer de ses actions pour améliorer la couverture sociale des Français ayant pour partie travaillé à l'étranger.

Ensuite, aujourd'hui, le calcul du salaire annuel moyen (SAM) à partir des 25 meilleures années permet de facto à une carrière complète en France d'exclure du calcul les 17 années les moins favorables soit, souvent : les années de début de carrière – à moindre revalorisations –, les années incomplètes avec des ruptures et discontinuités – départs et arrivées de l'étranger, service militaire, recherche d'emploi, maladie etc.

En conséquence, le SAM ne retient que 60 % maximum des années requises pour une carrière complète (25 sur 42) et en neutralise 40 % dont la prise en compte conduirait à une baisse sensible des pensions. Pour un Français, y compris avec une carrière complète, dont seule une partie a été effectuée en France, comme le calcul ne retient non pas le pourcentage (60 % relatif aux années les plus favorables) mais le nombre absolu d'années (25 années), le mécanisme de neutralisation des années « pénalisantes » pour le calcul, ne joue pas. Dès lors, pour les carrières de moins de 25 ans en France, la logique des « meilleures » années de salaire ne peut s'appliquer et la prise en compte des années pénalisantes provoque une baisse de la retraite (comme cela a joué pour l'ensemble des retraités lors du passage des 10 meilleures années à 25).

Cela mécaniquement annule l'effet positif attendu des « meilleures » années et même en tenant compte des trimestres acquis, comme relevé par le conseil d'orientation des retraites (COR) pour les courtes carrières.

Aussi, elle l'interroge sur la possibilité de retenir le mode de calcul le plus favorable et notamment l'application du pourcentage afin de garantir le plein effet attendu par le législateur. Car les carrières ici ne sont pas des carrières courtes mais des carrières « normales » effectuées partiellement en France. Les droits à la retraite de base générés par les années de travail et de cotisations en France ne doivent plus être minorés par la logique d'un mode de calcul conçu pour une carrière uniquement effectuée en France. D'autant que la retraite de base est déjà proportionnelle au nombre de trimestres validés en France, l'absence d'éviction des années faiblement valorisées participe à la diminuer davantage.

Elle lui demande s'il peut examiner ce biais particulier aux nombreux Français concernés chaque année et ouvrir rapidement (quant aux années travaillées avant 2025 notamment) la possibilité d'adopter les mesures correctrices pour rétablir un calcul équitable à savoir : calculer le SAM à partir de 60 % maximum du nombre des années en France basant le calcul (soit pour 20 ans, les 12 meilleures années), et excluant du calcul du SAM toutes les années de faible salaire annuel dont la prise en compte diminue les droits à la retraite acquis pour les autres années de la carrière, quand ces années provoquent une baisse du SAM supérieure à l'augmentation afférente au nombre de trimestres des années concernées Transmise au Secrétariat d'État auprès de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, chargé des retraites et de la santé au travail

En attente de réponse du Secrétariat d'État auprès de la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, chargé des retraites et de la santé au travail.

Le gouvernement avait jusqu'au 25 Mai 2021 pour répondre.

  • Travail avec nos élu.e.s écologistes et dépôt à l’Assemblée des Français de l’Étranger de six questions au gouvernement, dont une question spécifique sur les conséquences de l’accord entre la France et l’Irlande, en avril 2021.

Lien vers l'Assemblée des Français de l'Étranger

Défaillance des accords de retraite avec des pays de l’UE : Irlande, Pays bas, Norvège, Islande, Royaume Uni…

Exemple de l’Irlande : La Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) ne reconnaît pas le système de retraite irlandais comme équivalent parce qu’il ne serait pas basé sur moins de 15 ans de cotisations. Les Français qui ont travaillé en Irlande et en France ne bénéficient donc d’aucun accord pour le calcul du Salaire Annuel Moyen (SAM) de la retraite française. Pour une carrière en France de moins de 25 ans, le SAM de la carrière française n’est plus calculé à partir des meilleures années de la carrière totale mais à partir de toutes les années de la carrière française et malheureusement à partir d’années de travail incomplètes de très faible salaire annuel (job d’étudiant, service militaire, recherche d’emplois, maladie, formations, éducation des enfants, années travaillées à la fois sur deux pays …). Ces années qui sont exclues du calcul pour les carrières entièrement effectuées en France sont donc cette fois-ci incluses dans le calcul et vont provoquer une baisse du SAM et une diminution très importante de la retraite.

1 Pour quelles raisons la CNAV ne reconnaît-elle pas le régime irlandais comme équivalent pour ceux qui ont moins de 15 ans de cotisations en Irlande, la pension de retraite irlandaise étant beaucoup plus faible qu’en France, et les périodes de travail étant beaucoup plus difficiles à valider en Irlande ?

2 Qu’est ce qui justifie que cette réglementation soit maintenue pour ceux qui ont plus de 15 ans de cotisations en Irlande ?

La retraite française est proportionnelle au nombre de trimestres validés en France, mais l’âge de la retraite ou la décote dépendent de la validation des périodes de travail à l’étranger. S’il faut moins d’années de cotisation en Irlande pour percevoir la pension d’État irlandaise, Il est beaucoup plus difficile de valider les périodes de travail en Irlande qu’en France, surtout pour des étrangers qui arrivent dans le pays, les travailleurs indépendants, les demandeurs d’emploi… Si la CNAV reconnaît que le système irlandais n’est pas équivalent parce qu’il ne serait pas basé sur au moins de 15 ans de cotisations, la CNAV devrait aussi reconnaître que toutes les périodes de travail risquent de ne pas être enregistrées par le système irlandais (puisque deux fois sur trois cela n’a pas de conséquences). En France il suffit d’avoir perçu l’équivalent de 4 mois de salaire au SMIC pour valider 4 trimestres, en Irlande un travailleur indépendant qui commence à travailler ne peut valider aucun trimestre pour le même montant de salaire.

3 Quelle mesure le gouvernement compte-il prendre pour que des Français ne perdent plus de droits à la retraite pour les années qu’ils ont cotisées en France, s’ils ont effectué le reste de leur carrière en Irlande ?

En attente de la réponse.
Lien vers l'Assemblée des Français de l'Étranger

Le calcul du salaire annuel moyen (SAM) à partir des 25 meilleures années n’est pas équitable. Pour des français et des françaises qui ont travaillé une partie de leur carrière à l’étranger, certaines années de travail et de cotisations en France, ne provoquent pas une augmentation mais au contraire une diminution de la retraite française. D’autant plus pour des femmes aux carrières hachées. Les années de très faible salaire peuvent réduire les droits acquis par les meilleures années de salaire et provoquer une baisse de la retraite de plus de 40 %.

Pourquoi ? La retraite est basée sur le montant des salaires et des cotisations, mais ce sont les montants des salaires annuels qui sont pris en compte dans le calcul de la retraite. Une carrière est constituée d’années de 12 mois de salaire et d’années incomplètes de peu de mois de salaire (job d’étudiants, service militaire, recherche d’emplois, maladie, formations, éducation des enfants, années à cheval sur deux pays). Pour une carrière effectuée entièrement en France, le calcul actuel permet non seulement de ne prendre en compte que les meilleures années mais surtout d’exclure les années incomplètes avec les plus mauvaises années.

Pour les carrières de moins de 25 années complètes en France, le principal enjeu n’est pas que le salaire annuel moyen (SAM) soit calculé à partir des meilleures années de salaire, mais que les années incomplètes de très faible salaire soient aussi prises en compte et « massacrent » ce SAM (ces années peuvent être 20, 30 fois plus faibles que les autres années). Les années de faible salaire annuel peuvent donc provoquer une baisse de la retraite parce que la baisse due à la diminution du SAM est plus importante que l’augmentation due à l’addition de trimestres. Ce mécanisme a été décrit par le Comité d’Orientation des Retraites (COR) dans son 12e rapport p107. Des accords entre les pays, s’il y en a, sont censés atténuer ce phénomène, c’est loin d’être toujours le cas, il n’y a même pas d’accord pour le calcul du SAM avec tous les pays de l’UE.

Pour ceux qui vont partir en retraite dans les années à venir, la retraite sera basée essentiellement 1) sur les années déjà cotisées et 2) sur le calcul de retraite actuel et non pas sur un éventuel futur calcul de retraite qui ne s’appliquerait qu’aux années cotisées après 2025.

Quelle mesure le gouvernement envisage-t-il de prendre pour rendre le système de retraite actuel équitable ? Il peut l’être et avec des mesures simples qui peuvent être appliquées dès à présent.

1.Calculer le salaire annuel moyen à partir d’un pourcentage maximum d’années et non plus à partir d’un nombre fixe de 25 années, quand la carrière est partiellement effectuée en France (et sans conditionner cette mesure à des accords entre pays)

2. Exclure du calcul du SAM toutes les années de trop faible salaire annuel dont la prise en compte diminuerait les droits à la retraite acquis pour les autres années de la carrière (lorsque la prise en compte de ces années provoquerait une baisse du SAM plus importante que l’augmentation dû à l’addition des trimestres).

Le gouvernement compte-t-il mettre en œuvre par exemple ce type de propositions ?

L’analyse proposée par M. Chateau-Ducos sur le mécanisme dit des « 25 meilleures années », en vigueur dans le régime général, est pertinente. En effet, ce mécanisme supposé protecteur s’avère en réalité parfois inéquitable et désavantageux pour les carrières dites incomplètes ou témoignant « d’accidents de carrières ». Cette analyse se trouvait au cœur du projet instituant un système universel de retraite, adopté en première lecture à l’Assemblée au premier trimestre de l’année 2020. Vous pouvez d’ailleurs retrouver ces éléments dans l’étude d’impact de ce projet de loi.

Par ailleurs, si elle est en vigueur dans le régime général, la pension n’est toutefois pas toujours calculée à l’aune de cette règle. Par exemple, pour les retraites de l’État, la règle des 6 derniers mois du traitement indiciaire s’applique pour le calcul de la pension de retraite. Dans les régimes complémentaires en points – tel que celui des salariés du privé, l’Agirc-Arrco -, c’est l’ensemble de la carrière qui est pris en considération.

Afin que les mêmes règles s’appliquent dans tous les cas de figure, le Gouvernement proposait, via le projet de loi instituant un système universel de retraite, une réforme de l’ensemble des régimes, en prenant l’ensemble de la carrière comme référence. Ce mode de calcul était doublé de mécanismes très protecteurs pour prendre en compte les accidents de carrières, par l’octroi notamment de « points de solidarité » au titre des accidents de carrières (chômage indemnisé, par exemple) et par la création d’une pension minimale à hauteur de 85 % du SMIC net pour les carrières complètes.

S’agissant du cas spécifique des Français expatriés dans un pays sans accord particulier, je vous prie de noter qu’il existe une possibilité de s’affilier volontairement, via la Caisse des Français de l’étranger notamment, ce qui permet de continuer de valider des droits dans le système français

Je souhaite enfin rappeler que l’objectif d’instaurer un nouveau régime de retraite universel, sur lequel le président de la République s’est engagé en 2017, est maintenu. Néanmoins, si cette réforme reste évidemment nécessaire, elle n’est pas la priorité de l’action du Gouvernement aujourd’hui, tant il se consacre à la gestion et à la sortie de crise.

Ils reconnaissent que notre analyse est pertinente. Nous nous en félicitons. Mais nous aurions préférer qu'ils reprennent nos propositions. La réforme proposée par le gouvernement ne va pas résoudre le problème pour les Français de l'étranger qui partent en retraite dans les prochaines décenies.
Lien vers l'Assemblée des Français de l'Étranger

La retraite subira très probablement une décote de 25 % ou elle ne sera accordée qu’à 67 ans au lieu de 62 ans, si la caisse de retraite française ne reconnaît pas 20 trimestres de travail effectués à l’étranger. La retraite française est proportionnelle au nombre de trimestres validés en France, mais l’âge de la retraite ou la décote dépendent de la validation des périodes de travail à l’étranger, que de nombreux français n’ont aucune chance de faire valider.

Quand il n’y a pas d’accord avec le pays de résidence, les périodes travaillées à l’étranger ne sont pas validées par la CNAV. Quand il y a des accords bilatéraux ou des accords au sein de l’UE, les périodes de travail à l’étranger sont validées selon les critères du système de retraite du pays de résidence qui sont complétement différents des critères du système français, la validation de trimestres est alors arbitraire, elle peut ne pas avoir de sens, mais peut avoir de graves conséquences. Quand Les français s’expatrient ils ne réalisent pas que l’âge de la retraite ou la décote dépendent des accords avec le pays de résidence et de la validation des périodes de travail à l’étranger. Ils ne cherchent donc pas à faire valider toutes les périodes de travail si elles ne changent pas le montant de la retraite du pays de résidence.

Quelles mesures le gouvernement compte-il prendre afin que toutes les années travaillées à l’étranger soient prises en compte, permettant de partir en retraite à l’âge légal et d’éviter les décotes, que les périodes de travail soient validées ou pas par le pays étranger, qu’il y ait ou pas des accords avec le pays de résidence ?

En attente de la réponse.
Lien vers l'Assemblée des Français de l'Étranger

Des inégalités dues à la faible revalorisation des plus anciens salaires.

Dans le cas d’une carrière complète en France, les premières années de carrière ne sont généralement pas prises en compte pour le calcul du Salaire Annuel Moyen (SAM), n’étant pas parmi les 25 meilleures. Dans le cas d’une fin de carrière à l’étranger, le SAM de la carrière française sera calculé à partir d’années plus anciennes et malheureusement parfois à partir des premières années de la carrière.

La retraite est calculée à partir d’années qui ne sont pas revalorisées sur la base de l’évolution du salaire moyen mais sur la base de l’indice des prix. Le SMIC de 1977 revalorisé par la CNAV est de 783€ alors que le SMIC en 2020 est de 1219€. Le Smic de 1977 sera sous-évalué en 2020 de 35%.

Plus les années sont anciennes, plus elles seront mal revalorisées. Dans le cas d’une fin de carrière à l’étranger, la retraite va être calculée à partir de salaires sous-revalorisés qui peuvent provoquer une diminution de la retraite de plus de 20%.

Quelles mesures correctrices le gouvernement compte-il prendre pour que les Français qui ont fini leur carrière à l’étranger aient les mêmes droits à la retraite pour les années travaillées et cotisées en France avant 2025 ?

En attente de la réponse.
Lien vers l'Assemblée des Français de l'Étranger

Une inégalité face au service militaire.

Avoir fait son service militaire augmente significativement la retraite de ceux qui ont effectué toute leur carrière en France, mais pas la retraite de ceux qui ont travaillé moins de 25 ans en France. Pour eux cela peut même provoquer une baisse de la retraite !

Effectué le plus souvent sur 2 ans, le service militaire permet de valider 4 trimestres.

Il n’était évidemment pas possible de travailler et donc de cotiser pendant cette période. Le salaire annuel de ces deux années était donc faible, voire très faible. Pour ceux qui ont effectué toute leur carrière en France, le salaire annuel moyen (SAM) est calculé sur les 25 meilleures années. Les années de service militaire, parmi les plus mauvaises années, sont donc éliminées du calcul du SAM. Les trimestres validés du Service militaire vont provoquer une augmentation significative de la retraite.

Pour ceux qui ont travaillé une partie de leur carrière à l’étranger et moins de 25 ans en France, les années de service militaire sont prises en compte dans le calcul du SAM et le font baisser.

–soit l’augmentation de la retraite sera dérisoire parce que la baisse due à la diminution du SAM atténuera considérablement l’augmentation due à l’addition des trimestres validés pour les années du service militaire.

En attente de la réponse.
Lien vers l'Assemblée des Français de l'Étranger

Les droits à la retraite de base générés par des années de travail et de cotisation en France peuvent être diminués de plus de 60%, si le reste de la carrière est effectuée hors de France et non en France.

La retraite est proportionnelle au nombre de trimestres validés en France. Le très faible montant de certaines retraites de français qui ont travaillé à l’étranger n’est pas seulement la conséquence du plus faible nombre de cotisations. Si la formule de calcul est toujours la même, les données prises en compte pour le calcul de leur retraite peuvent être différentes :

1. la retraite n’est plus calculée à partir des meilleures années, elle peut être calculée à partir de toutes les années de la carrière dont les années incomplètes de très faible salaire, Ce qui peut provoquer une baisse de la retraite de plus de 40%.

2 toutes les années de travail ne pourront pas toujours être validées pour l’âge de la retraite ou la décote, qui atteindra souvent 25%.

3 La retraite peut être calculée à partir de salaires plus anciens et plus mal revalorisés. Ce qui peut provoquer une baisse de la retraite de plus de 20%.

Au hasard des accords, des systèmes de retraite étrangers et des carrières, les conséquences seront plus ou moins importantes. Les français qui ont travaillé à l’étranger sont en plus pénalisés :

a- Leur nombre d’années incomplètes augmente à chaque arrivée ou départ de France.

b- S’ils perçoivent une retraite à l’étranger ils ne pourront probablement pas bénéficier du minimum contributif.

c- L’estimation indicative globale ne sera probablement pas à jour parce elle n’aura pas été mise à jour en fonction de la carrière étrangère. Ils risquent de demander leur retraite trop tard et perdre des années de retraite.

Pour ceux qui vont partir en retraite dans les années à venir, la retraite sera basée essentiellement sur les années qui sont déjà cotisées et sur le calcul actuel du SAM, pas sur un éventuel nouveau calcul de retraite qui ne s’appliquerait qu’aux années postérieures à 2025.

Le système actuel de retraite peut être rendu plus équitable avec des mesures simples :

1 Calculer le salaire annuel moyen à partir d’un % maximum d’années et non plus à partir d’un nombre fixe de 25 années, quand la carrière est partiellement effectuée en France (et sans conditionner cette mesure à des accords entre pays)

2 Exclure du calcul du SAM toutes les années de trop faible salaire annuel dont la prise en compte diminuerait les droits à la retraite acquis pour les autres années de la carrière. (Lorsque la prise en compte de ces années provoquerait une baisse du SAM plus importante que l’augmentation due à l’addition des trimestres).

3 Instaurer des mesures correctives quand la retraite est calculée à partir d’années plus anciennes sous revalorisées. Ou revaloriser les salaires sur la base de l’évolution du salaire moyen et non plus sur la base de l’indice des prix.

4 Reconnaitre toutes les années de travail effectuées à l’étranger pour l’âge de la retraite qu’elles soient comptabilisées ou pas par le pays étranger.

5 instaurer un système de compensation lors du calcul du SAM pour les années incomplètes effectuées sur deux pays.

6 exclure la dernière année de travail en France du calcul du SAM, comme elle l’est pour ceux qui finissent leur carrière en France (Si elle est trop faible parce qu’incomplète)

Quelles mesures le gouvernement compte il prendre pour que les français qui ont travaillé à l’étranger 1 aient les mêmes droits à la retraite pour les années travaillées et cotisées en France et 2 ne soit plus les abandonnés avec une retraite misérable ?

En attente de la réponse.

  • Collaboration avec les conseillers consulaires des autres pays et information des Français de l’étranger quant au préjudice qu’ils subissent. Notre tête de liste est le référent retraite pour EELV Hors de France. Élu, il pourra intervenir auprès de la CNAV sur les dossiers qui le nécessitent.